Expulsés de la rue des Stocks : lettre ouverte au Parti socialiste

réponse du groupe PS.pdf miniatureLe collectif de soutien aux expulsés de la rue des Stocks, dont fait partie le NPA de Nantes, adresse une lettre ouverte au Parti socialiste, au pouvoir à la mairie de Nantes sur l’expulsion du 30 juillet.

Le Collectif, composé des expulsés et d’organisations en soutien, s’était adressé fin août aux socialistes, pour l’interroger sur l’expulsion du 30 juillet, et ses conditions indignes. Stéphane Junique, président du groupe socialiste à la mairie nos a alors envoyé une réponse officielle, à laquelle le collectif répond par cette lettre ouverte.

Monsieur le Président,
C’est avec la plus grande attention que nous avons pris connaissance de votre lettre du 8 septembre dernier.
Vous comprenez notre émotion qui est en fait une indignation, devant la brutalité et l’inhumanité de l’expulsion des occupants du squat de la rue de Docks, et non de cette  » évacuation  » que vous ne dénoncez pas, et ne regrettez pas davantage. Madame le Maire, membre de votre groupe, a même déclaré qu’elle assumait cette expulsion et qu’elle avait veillé à ce qu’elle se passe bien ! Notre indignation ne peut en être que renforcée.

Vous voulez justifier cette mesure par l’urgence consécutive aux heurts violents survenus rue des Docks. Vous ne pouvez ignorer – certains ou certaines dans votre groupe sont Conseillers communautaires, comme la Présidente de la communauté urbaine de Nantes – que tous les squats ont systématiquement été évacués durant l’été.
Nous ne comprenons pas la logique d’une expulsion qui précède des propositions de relogement : pourquoi ne pas les présenter en amont ? Cela éviterait les graves traumatismes subis (et les lourdes dépenses de mobilisation des forces de police) du fait de l’usage d’engins de chantier qui ont enseveli quantité d’effets personnels, documents, souvenirs des personnes contraintes de s’abriter dans ce squat – triste évocation d’autres lieux ou d’autres temps. La raison de votre méthode tient certainement dans le nombre et la qualité des hébergements proposés dont vous vous gardez de faire état. Qu’en était-il réellement ?
Les personnes abritées dans ces squats ont des droits et sont demandeuses d’un logement pérenne convenant à leur cas : adultes isolés, couples, familles, mineurs isolés.
Nous ne sommes pas de ceux qui opposent les unes aux autres les personnes en difficulté sociale : en effet, il est nécessaire de construire des logements réellement sociaux à Nantes intra muros, de reloger les Restaurants du cœur, et de loger les sans-abris.
Vous relatez les efforts réalisés par la Ville de Nantes dans le domaine de l’hébergement d’urgence et évoquez des projets : mais en quel nombre ? de quelle qualité ? pour quel public? dans quels délais ?
Nous vous rappelons que les personnes migrantes ou demandeuses d’asile bénéficient d’un cadre juridique particulier actuellement non respecté. C’est pourquoi nous renouvelons notre demande d’une réunion tripartite regroupant des représentants de la municipalité, de l’État, et du Collectif de soutien aux migrants (comprenant évidemment des membres de leur Conseil), afin d’offrir une solution à long terme, quelle que soit la situation administrative des personnes concernées. Car nous savons que la Ville dispose d’un patrimoine immobilier inutilisé – l’ancien presbytère de Doulon, propriété municipale, vide depuis 2007, en bon état, en est un exemple éloquent. Nous demandons donc un inventaire de ces locaux qui doivent être mis rapidement à le disposition de l’État, en vous rappelant qu’après de nombreuses actions du Collectif étrangers-Citoyens solidaires (RESF), la Ville a mis à la disposition de familles demandeuses d’asile des logements gérés par l’association  » l’accueil d’abord « . Vous n’en faites pas état ; l’ignoreriez-vous ?
Faut-il vous aussi rappeler l’isolement de votre courant de pensée au sein de la majorité municipale, ce que montre bien le communiqué commun des élus des groupe Écologistes et citoyens, Communistes, et UDB qui n’ont pas été associés à cette décision d’expulsion. Pour sa part, le mouvement syndical est également préoccupé par la situation du logement dans notre agglomération comme en témoigne la lettre adressée par les unions départementales CFDT, CGT, Solidaires et FSU à Mme le Maire et à M. le Préfet qui leur a fixé rendez-vous le 29 octobre prochain.
ConscientEs de la nécessité de mener ce débat en toute transparence, nous décidons de donner à cette réponse la forme d’une lettre ouverte.
Veuillez croire, Monsieur le Président, en notre volonté d’aboutir à un accueil digne, humain et respectueux des personnes migrantes et des sans-logis, et à toute notre considération.
Le collectif de soutien aux expulsés de la rue des Stocks
Conseil des Migrants, Agir ensemble Contre le chômage, Afrique-Loire, CGT-Spectacle, Cimade, Collectif « Culture en Marche », CSF, Ensemble 44, GASPROM, LDH, MRAP, NPA, PCF, Parti de Gauche, Synavi, Solidaires 44, Un toit pour toutes et tous, citoyens solidaires.

 

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