Archives pour la catégorie libre expression

Acte V à Nantes : Gilets Jaunes sous la pluie et les lacrymogènes

La manifestation des Gilets Jaunes à Nantes n’a rassemblé que 1000 personnes ce samedi 15 décembre. La pluie glaciale et un horaire peu pratique (13 H) n’ont pas aidé.

Peu de nouveaux slogans visibles, pas mal de de militant-e-s de différentes assos, syndicalistes et partis, non identifiés pour la plupart.

Mais l’effet de la répression policière massive et systématique lors des dernières manifestations est sans doute ce qui a découragé le plus grand nombre de manifestantEs.

Elle n’a pas manqué aujourd’hui : absurde du point de vue du « maintien de l’ordre » mais politiquement fort utile à l’état. Comme depuis des semaines, l’Etat n’a même plus besoin de prétexte pour arroser la foule de gaz lacrymogènes.

Et nombreux sont les manifestant-e-s qui restent malgré la répression, voire à cause de la répression, pour marquer qu’ils sont parfaitement légitimes à contester le pouvoir.

Ils et elles remettent désormais en question l’organisation de cette pseudo-démocratie, par exemple par la revendication du « référendum d’initiative citoyenne ».

Répression maximale

Les violences ont duré jusqu’à tard dans l’après-midi, par une bataille rangée dans les petites rues du centre :

« des CRS se sont fait chargés, les gaz sont partout, impossible de voir de l’autre côté de la rue » …

« Aucune vitrine cassée par les manifestantEs… Un Gilet jaune à terre se fait tabasser devant moi. Violence policière impressionnante. »

… « Ils gazent tout le centre ville sans réfléchir. Brouillard dense de lacrymo. Charges de la BAC qui se tire elle-même des grenades de désencerclement dans les pieds. »

Bertrand Achel

(libre expression)

Le monde des grands projets et ses ennemis

Un essai politique qui arrive fort à propos, à l’aube de ce mois de mai si prometteur.
À l’heure de la tentative de démantèlement de la ZAD de Notre-Dame-des Landes et des jérémiades indignées des pourfendeurs du Black Bloc et des cortèges de tête, Serge Quadruppani nous invite à nous interroger sur l’expression nouvelle et hétéroclite de nos révoltes, et sur les nouvelles pratiques révolutionnaires.

Vers une nouvelle critique des rapports d’exploitation

Loin des sociologues et politologues de salon, ainsi que des « journalistes » faiseurs d’opinion, Serge est avant tout un activiste « qui réfléchit » et nous fait réfléchir. Continuer la lecture de Le monde des grands projets et ses ennemis 

De la Guinée à Nantes : le parcours d’un résistant

A Nantes, le bâtiment Censive de l’université est occupé pour abriter de jeunes sans-papiers.
Voici le récit poignant de Mohammed, jeune Guinéen de 16 ans, installé depuis le 15 novembre avec des dizaines d’autres sans-papiers, à l’Université de Nantes, où des étudiantEs et militantEs soutenant les migrantEs occupent les bâtiments universitaires de la Censive et du Château du Tertre. Un témoignage d’une lucidité saisissante, qui jette une lumière crue sur les conditions de la migration ordinaire.

Pourquoi as-tu voulu quitter ton pays ?

J’aurais été au chômage, là-bas les diplômes ne sont pas considérés, les gens qui ont du travail sont ceux qui donnent de l’argent pour ça. C’est du donnant donnant : si tu ne donnes pas d’argent, tu n’as pas de travail. C’est comme cela dans toute la Guinée, quel que soit le système politique si tu veux entrer dans les bureaux tu dois donner de l’argent du coup seuls ceux qui en ont peuvent avoir un travail.

Tu es donc parti pour le Mali …

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Et maintenant, on fait quoi ?

Témoignage d'un militant du NPA dans la lutte d'occupation des locaux de l'université de Nantes par les jeunes migrant.e.s.
Vendredi 1er décembre, froid hivernal.
En rentrant dans le bâtiment occupé, la chaleur vous accueille, le froid dehors rappelle pourquoi il faut se battre, ces jeunes ne doivent pas passer l’hiver dehors.
À 10h30 le président de l’université, Olivier Laboux, est entré dans la « zone occupée », accompagné de son équipe de conseillers. Ils visitent les salles, vérifient l’état des lieux et entrent dans la cuisine, alors que les jeunes et étudiants prennent encore leur petit déjeuner.

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L’occupation s’étend, on s’offre le Château du Tertre

Témoignage d'un militant du NPA dans la lutte d'occupation des locaux de l'université de Nantes par les jeunes migrant.e.s.

 

« À nous la vie de Château »  Banderole flanquée sur le fronton du Château.

Lundi 27 novembre, 19h30 , Château du Tertre.

 

Le hall est plein, à l’extérieur les gens se pressent, s’agglutinent à la porte d’entrée. Une militante annonce qu’on doit rentrer dans le Château pour assister à la conférence. Les derniers étudiants et curieux finissent leur cigarette. À l’intérieur, une pétition fini de tourner, on discute, on s’empare du sujet et on s’indigne. 
Des professeurs sur le côté, des migrants dans la salle, au milieu des étudiants, syndicalistes et militants divers.  Continuer la lecture de L’occupation s’étend, on s’offre le Château du Tertre 

Occupation de la fac, intégration des mineurs isolés !

Témoignage d'un militant du NPA dans la lutte d'occupation des locaux de l'université de Nantes par les jeunes migrant.e.s.

Jeudi 23 novembre 2017.

Sous sol du grand bâtiment Censive, au fil de la journée, les activités s’organisent.

S’approprier la fac pour mieux lutter

Entrez dans le bâtiment, faites cette occupation un peu vôtre. Bâtiment occupé n’est pas fermé.

Des étudiants curieux viennent voir ce qui se passe à l’intérieur, rien qui ressemble à des barricades, une porte ouverte, des salles où l’on discute. On s’exerce, on se forme, on s’affirme.  Continuer la lecture de Occupation de la fac, intégration des mineurs isolés ! 

Résister et lutter : « Je vous demande d’entendre le cri de la Guyane »

Nous publions une lettre ouverte de Mme R*, reçue à Nantes (ancienne ville de trafiquants d’esclaves) depuis la Guyane. Adressée au Président Junker, elle décrit les ressorts de la révolte en cours.
Elle est accompagnée d’une vidéo réalisée lors de la marche du mardi 04 avril 2017 à Kourou vers le centre spatial guyanais. Comme en Guyane, le mot d’ordre pour nous est : « Résister et lutter ».

Monsieur le Président Junker

Je viens vous parler de mon pays : la Guyane française. Continuer la lecture de Résister et lutter : « Je vous demande d’entendre le cri de la Guyane » 

Amiante à Nantes : « Des institutions publiques ou privées au service des industriels empoisonneurs »

Entretien. Francis Judas est l’un des porte-parole de l’intersyndicale amiante Tripode, qui regroupe les syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, Solidaires et Unsa des implantations locales de l’Insee, des Finances publiques et du ministère des Affaires étrangères et du développement international (Maedi). Avec lui, nous revenons sur un combat de plusieurs décennies contre l’amiante, pour la santé des travailleurs.
Peux-tu revenir sur l’historique de ce bâtiment situé à Nantes ?

Le Tripode Beaulieu était une tour de 18 étages qui a été occupée à partir de 1972 par des fonctionnaires et agents de l’État des Finances (Insee et Trésor public) et du ministère des Affaires étrangères. Un restaurant interadministratif fonctionnait au rez-de-chaussée.

Dès le milieu des années 1980, l’intersyndicale s’est construite autour des doutes sur un matériau omniprésent dans cette tour, l’amiante. En effet, les plafonds de l’en Continuer la lecture de Amiante à Nantes : « Des institutions publiques ou privées au service des industriels empoisonneurs » 

(État d’urgence) Il y a pas mal de militants emmerdés. Aujourd’hui, on ne peut plus séquestrer les patrons tranquillement. Et ça c’est un problème.

Philippe Poutou, ouvrier et porte-parole du NPA dans » On n’est pas couchés » le 25 février 2017